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La prémunition, une stratégie pour « vacciner » la vigne dans les parcelles contaminées par le court-noué.

Les 23 et 24 avril, les partenaires techniques, scientifiques et financiers du projet VACCIVINE se sont réunis sur le Centre Inra Grand Est-Colmar pour faire un point d’avancement sur les recherches menées. L’occasion d’en savoir un peu plus sur la prémunition, une méthode de protection contre les virus des plantes, point d’orgue de ce projet.

Les partenaires de VACCIVINE lors de la deuxième réunion du projet à l’INRA de Colmar les 23 et 24 avril 2019.. © Inra, Inra Grand Est-Colmar
Mis à jour le 14/06/2019
Publié le 11/06/2019

Vaccivine, une alternative pour cultiver la vigne de façon durable en zone court-nouée

Depuis sa description à la fin du XIXe siècle, la maladie du court-noué est une des problématiques qui frappe les vignobles français. Le grapevine fanleaf virus, dit GFLV est le principal virus responsable de cette maladie. Il induit certains dépérissements à l’origine de fortes pertes de récoltes. Depuis l’interdiction en 2003 de nématicides qui permettaient de diminuer les populations de nématodes vecteurs de ce virus dans les parcelles infestées, les vignerons ne disposent d’aucuns moyens de lutte contre le court-noué.

Face à ce constat, les scientifiques du projet Vaccivine cherchent à « développer de nouvelles stratégies de lutte antivirale dans le vignoble plus respectueuses de l’environnement, basées sur le biocontrôle ». Une de ces stratégies repose sur la prémunition, une méthode de protection antivirale des plantes apparentée par certains aspects, à la vaccination chez les mammifères. Découvert dans les années 1930, ce processus permet à une plante infectée pour la première fois par une souche de virus (primo-infection) d’activer des mécanismes de défense. A l'avenir, cette plante sera ainsi protégée d'une infection secondaire (surinfection) par une autre souche de ce même virus.

Basé sur ces connaissances, Vaccivine a pour objectif d'induire ces mécanismes de défense dans des pieds de vigne en les exposant à des souches de GFLV naturellement peu agressives. Ces souches entrainent des faibles symptômes sur feuilles, rameaux et grappes. Elles protégeraient les vignes implantées dans un vignoble contaminé, d’une infection ultérieure par des souches virales plus virulentes.

Un projet qui allie expertise scientifique, technique de pointe et observations « terrain »

Vaccivine est basé sur un réseau de parcelles expérimentales au vignoble dans lesquelles scientifiques et acteurs de la filière collectent des données agronomiques, sérologiques et moléculaires. Ces données couplées aux nouvelles techniques de séquençage à haut débit ou High Throughput Sequencing (HTS) seront mises à profit pour caractériser exhaustivement les génomes complets des virus présents dans une centaine de vignes et rechercher les différences génétiques entre des souches à l’origine de faibles et forts symptômes.

A travers ce travail, les acteurs du projet espèrent apporter des éléments de compréhension sur les différents niveaux de protection observés dans les vignes prémunies, d’en étudier le mécanisme, d’identifier de nouvelles souches de GFLV « prémunisantes ». Ces résultats permettraient de valider pour la première fois tout un processus de biocontrôle vis-à-vis d’une maladie virale majeure de la vigne puis de les expérimenter en serre et en vignoble atteint par le court-noué.

Vaccivine en bref

VACCIVINE est l’un des tout premiers projets accompagnant la transition agro-écologique en viticulture.

Il est porté par Olivier Lemaire et Emmanuelle Vigne de l’Inra Grand Est- Colmar. Il fédère également 8 autres partenaires :

  • le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVP),
  • les Chambres d'Agriculture du Vaucluse et de l'Yonne
  • le CNRS (Institut de Biologie Moléculaire des Plantes, IBMP de Strasbourg),
  • le Comité interprofessionnel du vin de Champagne (CIVC),
  • le Comité interprofessionnel du vin d’Alsace (CIVA),
  • l'Institut français de la vigne et du vin (IFV),
  • Moët & Chandon.

Ce projet est financé par le Plan National Dépérissement du Vignoble (PNDV) et cofinancé par la Région Grand Est et la Chambre Régionale d’Agriculture Grand Est.

VALORISATION

Comparison of Serological and Molecular Methods With High-Throughput Sequencing for the Detection and Quantification of Grapevine Fanleaf Virus in Vineyard Samples est le  premier article issu des travaux de Vaccivine. Il décrit les paramètres optimisés pour l’utilisation des nouvelles techniques de séquençage à haut débit pour caractériser le génome complet de souches de GFLV.
> DOI:10.3389/fmicb.2018.02726

La thèse d’Isabelle MARTIN «Etude du déterminisme moléculaire des interactions compatibles et incompatibles Vitis vinifera/ Népovirus / Nicotiana occidentalis», soutenue fin 2018, a permis de caractériser des déterminants moléculaires viraux à l’origine de faibles ou forts symptômes induits par certaines souches de GFLV.
Cette thèse co-encadrée par Olivier Lemaire, Corinne Schmitt-Keichinger et Emmanuelle Vigne a été financée par le CIVA, le BIVB, le CIVC et Moët & Chandon.

Quelques chiffres-clé du projet

Un projet sur 3 ans :

  • 1er janvier 2018 – 31 décembre 2020

Un budget en cofinancement :

  • 803 K€ de budget global (salaires des personnels permanents inclus)
  • 317 K€ financés par le PNDV, la Région Grand Est, et la Chambre Régionale d’Agriculture Grand Est

Un fort potentiel humain :

  • 30 mois de CDD, chargé de recherche embauché à l’Inra Grand Est-Colmar
  • 9 organismes partenaires

Un projet sur le terrain :

  • 20 parcelles infectées par le court-noué (Alsace, Champagne, Chablis, Châteauneuf-du-Pape)
  • 4 parcelles expérimentales de prémunition sont suivies par les partenaires du projet